Mercurey
Mercurey
L'appellation
Mercurey

Appellation Village de la Côte Chalonnaise (AOC).
Cette appellation comporte 32 climats classés en Premier Cru.
Les communes de production sont Mercurey et Saint-Martin-sous-Montaigu.
Les appellations MERCUREY et MERCUREY PREMIER CRU peuvent être suivies ou non du nom de leur climat d’origine.
Les vins rouges ont pour superficie 548,68 hectares (dont 153,80 ha en Premier Cru) et les vins blancs ont 84,59 hectares de superficie (dont 14,71 ha en Premier Cru).

Les vins rouges ont pour principal cépage le Pinot Noir. Les vins blancs ont pour unique cépage le Chardonnay.

Les vins rouges représentent 22 885 hectolitres (dont 5 888 hl en Premier Cru) et les vins Blanc représentent 3 981 hectolitres (dont 772 hl en Premier Cru) en moyenne par année.

Ce sont les Romains qui, en édifiant un temple dédié à Mercure, donnent son nom au village et introduisent la vigne à Mercurey. Ainsi, des traces de la vigne ont été retrouvées à Mercurey et dans le Chalonnais. L’empereur romain Domitien, en 92, ordonne l’arrachage partiel des vignes dans le Midi et en Bourgogne afin d’éviter la concurrence. Ce n’est qu’en 280 que Probus annula cet édit. En 312, les habitants du Pagus Arebrignus (Autun) s’adressent à l’empereur Constantin Ier, se plaignant de leurs mauvaises récoltes. La description qu’ils font de leur vignoble rattache le terroir de Mercurey à l’actuelle Côte-d’Or.

Marguerite de Flandre.

Gabrielle d’Estrées
Moyen âge
Le vignoble de Mercurey se développe au Moyen ge, époque à laquelle le château de Montaigu est construit (vers 950) au cœur même des vignes. En février 1371, le duc de Bourgogne décide de lancer une importante campagne d’achat de vin ; il en négocie une quantité notable à Montaigu. Là encore, le 20 mai 1376, le courtier Méliore, l’envoyé du pape Grégoire XI avant que celui-ci ne retourne à Rome, trouve à acheter des vins qui étaient déjà fort appréciés par la cour pontificale d’Avignon. Philippe le Hardi, détenteur de la moitié du fief de Montaigu, le partage en 1392 et en donne une partie à Philippe le Bon qui va contribuer à la réputation du grand « Clos de vigne de Montaigu »14. Entre 1385 et 1405, les vins de Mercurey figurent sur la liste des vins destinés au service du duc de Bourgogne dans sa résidence d’Arras. À cette même époque, ils font le régal de Marguerite de Flandre.

Au cours du XVe siècle, le commerce viticole du duché de Bourgogne est en plein essor. Les vignes de Mercurey, qui en font partie, sont cultivées avec soin et donnent des crus recherchés. En 1477, le vignoble est rattaché à la France par Louis XI.

Époque moderne
Plus tard, sous le règne d’Henri IV, une chronique mentionne que ce vin, bien qu’assez corsé, plaît aux femmes, plus particulièrement à Gabrielle d’Estrées, maîtresse du roi, lequel est plutôt amateur de Givry. Ce même Henri IV, en 1591, ordonnera le démembrement du château de Montaigu. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, ce qui reste de l’habitation de ce château sera utilisé par les vignerons comme logements et entrepôts.

Au xviiie siècle, le vignoble s’étend sur les communes de Mercurey, Bourgneuf-Val-d’Or, Touches et Saint-Martin-sous-Montaigu. 1789 est une année malheureuse en tous points : ni vendanges, ni moissons, ni commerce.

Époque contemporaine
XIXe siècle
De retour de l’île d’Elbe, Napoléon s’arrête à Mercurey le 15 mars 1815. Un vigneron nommé Prieur le reçoit et lui sert du vin de Mercurey. Napoléon relate lui-même l’anecdote dans ses livres :

« Napoléon : “Que ce mercurey est excellent, sa robe rappelle le ruban de la légion d’honneur, quant à son bouquet, il est comme l’odeur enivrante de la victoire.” Fièrement, Prieur répond : “Sire, j’en ai du bien meilleur encore dans ma cave.” Étonné, Napoléon demande : “Pourquoi ne l’as-tu pas apporté ?” Prieur dit alors : “Ah ! sire, c’est que celui-là, je le réserve pour les grandes occasions”.

Avant les désastres du phylloxéra, le territoire de Mercurey comptait 300 hectares de vignes, celui de Touches et Bourgneuf-Val-d’Or, 400 hectares, et celui de Saint-Martin-sous-Montaigu, 300. L’insecte apparaît dans ce vignoble en 1878, suivi du mildiou en 1885. En 1883, les vendanges ont débuté fin août.

Afin de revaloriser le vignoble, un classement des climats de la côte chalonnaise est établi comme suit, en 1899, par la Revue des viticulteurs :
première classe rouge (les Naugues, les Crêts, le Voyen, les Champs Martin, les Combins, Clos de l’Evêque, le Clos Druard, le Clos Migland, en Moutot, en Mauvarenne, Les Velay, en Sazenay, Clos Marcilly, le Theurot, le Clos du Roy, le Clos des Corvées, Champ Renard, La Chassière, la Roche, le Paradis, les Atres, les Fourneaux, les Ruelles et Liberin) ; deuxième classe rouge (Croichot, les Chaseaux, Tonnerre, Vignes Blanches, Cortechats, Grandes Plantes, les Caudroyes, Poizot, Châteaubeau, les Châgnées, Montaigu et Retrait) ; première classe blanc (la Rochelle, Teurot de la Perche et Poizot).

XXe siècle
Le vignoble n’est reconstitué véritablement qu’en 1902. Le 29 mai 1923, l’appellation d’origine mercurey est instituée par le tribunal de Chalon-sur-Saône. Les années 1920-1930 voient s’abattre à nouveau sur le vignoble le mildiou, (1926), la grêle (1927 et 1928) et d’importantes gelées (1930 et 1932). En 1936, la surface de vignes n’est plus que de 500 hectares. Le 11 septembre 1936, l’INAO avalise la création de l’appellation mercurey. Une modification de l’AOC intervient avec la reconnaissance de cinq premiers crus en 1943 (le Clos du Roy, le Clos-Voyen, le Clos Marcilly, le Clos des Fourneaux et le Clos des Montaigus)15. Dans les années 1950, des domaines extérieurs à la commune s’intéressent au développement du vignoble.

Apparition des enjambeurs
À la suite de la fusion de différentes sociétés de secours mutuel en 1949, la Confrérie de la Saint-Vincent de Mercurey se constitue, créée par Hughes de Suremain, Louis Menand, Auguste Raquillet et Jacques Jeannin-Naltet et, en 1962, la commune accueille, pour la première fois, la Saint-Vincent tournante. Le 18 avril 1959, Charles de Gaulle de passage à Chalon-sur-Saône, lors d’un repas, a dégusté et bu du Mercurey 194731. Apparition de l’enjambeur dans les années 60-70, qui remplacent le cheval.

Article connexe : anciennes communes de Saône-et-Loire.
En 1970, Bourgneuf-Val-d’Or, qui avait en 1897 fusionné avec le village de Touches, fusionne également avec Mercurey et prend son nom. Un an plus tard, la Confrérie de la Chanteflûte est créée par les professionnels de la vigne et du vin. Le négoce-éleveur développe un intérêt pour cette appellation dans les années 197028. En 1976, la grêle frappe le vignoble, entraînant une récolte peu abondante. La fusion des syndicats viticoles de Mercurey et de Saint-Martin-sous-Montaigu se réalise en 198134. Par deux fois, en 1981 et 1983, Mercurey est victime d’orages dévastateurs (vignobles ravinés, ceps de vignes déchaussés, murs de soutènement emportés, caves inondées)35. À la suite de cette catastrophe, un remembrement est réalisé à la fin des années 1980.

Les 26 et 27 janvier 1985, le village accueille, pour la deuxième fois, la Saint-Vincent tournante. En 1988, de nouvelles délimitations de premier cru sont reconnues. Elles correspondent à tous les premiers crus actuels.

Défilé de la Saint-Vincent Tournante 2017 de l’appellation Mercurey.

XXIe siècle
Pendant la canicule de 2003, les vendanges débutent mi-août, soit environ un mois plus tôt que la moyenne habituelle. À partir de 2006 et jusqu’en 2008, une étude géo-pédologique de l’appellation est réalisée, avec 48 fosses, 150 analyses et des centaines de carottages. Le Syndicat Viticole de Mercurey possède un caveau de dégustation (« Caveau Divin ») depuis le 1er avril 201139 qui représente 45 domaines (64 vins en tout) en 2014. Le 28 et 29 janvier 2017 a eu lieu pour la troisième fois pour cette appellation, la Saint-Vincent Tournante dans les villages de Mercurey et Saint-Martin-sous-Montaigu et qui a attiré environ 100 000 personnes sur les deux jours.

Les produits phare de l'appellation

Les exploitants de l'appellation