Gevrey-Chambertin

Vins du Monde

Gevrey-Chambertin
Gevrey-Chambertin
L'appellation
Gevrey-Chambertin

Appellation Village de la Côte de Nuits, en Côte-d’Or (AOC).
Cette appellation comporte 26 climats classés en Premier Cru. Ses communes de production sont Cevrey-Chambertin et Brochon. La commune de Gevrey-Chambertin produit également 9 Grands Crus (voir FICHE N°25).
Les appellations GEVREY-CHAMBERTIN et GEVREY-CHAMBERTIN PREMIER CRU peuvent être suivies ou non du nom de leur climat d’origine. La superficie de l’appellation est de 402,72 hectares (dont 80,52 ha en Premier Cru).
Entre 280 et 380 mètres d’altitude, les Premiers Crus occupent la partie haute de la Côte (sols bruns calcaires peu épais) puis l’appellation Village s’étend sur des sols bruns calciques et bruns calcaires. Les vignes bénéficient de marnes recouvertes d’éboulis et de limons rouges venus du plateau. Ces graviers offrent au vin élégance et finesse tandis que les marnes riches de coquillages fossiles et argileuses leur donnent du corps, de la fermeté. Expositions au levant, sud-est et est.

Le vin rouge exclusivement a pour cépage le Pinot Noir.

16 832 hectolitres de production en moyenne (dont 3 232 hl en Premier Cru).

La vigne a été cultivée très tôt en Bourgogne. Mais c’est à Gevrey-Chambertin que les recherches archéologiques ont permis de découvrir les premières vignes gallo-romaines, qui datent du ier siècle avant notre ère.

En 2008, lors de l’agrandissement d’une zone pavillonnaire, 316 fosses ont été mises au jour, alignées en rang sur 6 000 mètres carrés, dans lesquelles on a repéré la trace de 120 ceps et où l’on peut voir en coupe le vide laissé par le tronc et les racines du pied de vigne. Cette découverte accrédite les préconisations de Pline l’Ancien et de Columelle. Comme aujourd’hui, les vignes étaient plantées en rang, mais le choix et l’exposition des terrains étaient différents, puisque les vignes gallo-romaines étaient situées dans les plaines, au lieu des coteaux de la majorité des Côtes de Nuits actuelles. De plus, les goûts devaient être différents, puisque les gallo-romains ajoutaient au vin des épices, notamment pour assurer leur conservation.

En 92, l’édit de l’empereur romain Domitien interdit la plantation de nouvelles vignes hors d’Italie. Il fit arracher partiellement les vignes en Gaule afin d’éviter la concurrence. Le vignoble résultant suffisait aux besoins locaux. Mais Probus annula cet édit en 2809. En 312, un disciple d’Eumène rédigea la première description du vignoble de la Côte d’Or.

Moyen âge

Philippe II le Hardi.
Le Clos de Bèze a été planté par les moines de l’abbaye de Bèze qui, en 630, l’avaient reçu du duc Amalgaire. Dès le début du vie siècle, l’implantation du christianisme avait favorisé l’extension de la vigne par la création d’importants domaines rattachés aux abbayes. Ainsi l’abbaye de Cîteaux (créée en 1098) avec des plantations en Côte d’Or. Les moines de Bèze baptisèrent la « Chapelle-Chambertin » en 1155, quand ils y construisirent une chapelle. Le Chambertin doit son nom à un paysan nommé Bertin, propriétaire d’un terrain voisin des vignes du Clos de Bèze, cultivées par les moines de l’abbaye du même nom. Bertin pensa que ce terrain devait, lui aussi, produire un bon vin. Peu après, le vin du « champ de bertin » fut bientôt aussi célèbre que celui du Clos de Bèze. À la mort de Bertin, les moines achetèrent ses vignes et la réputation de ce vin grimpa.

En l’an 1395, Philippe le Hardi décida d’améliorer la qualité des vins et interdit la culture du gamay au profit du pinot noir sur ses terres. Enfin en 1416, Charles VI fixa par un édit les limites de production du vin de Bourgogne. En 1422, d’après les archives, les vendanges eurent lieu en côte de Nuits au mois d’août. À la mort de Charles le Téméraire, le vignoble de Bourgogne fut rattaché à la France, sous le règne de Louis XI.

Période moderne
Aussi, en 1700, l’intendant Ferrand rédigea-t-il un « Mémoire pour l’instruction du duc de Bourgogne » lui indiquant que dans cette province les vins les meilleurs provenaient des « vignobles [qui] approchent de Nuits et de Beaune».

Période contemporaine
XIXe siècle

Phylloxéra
Le chambertin atteignit son heure de gloire sous Napoléon qui en fit son vin préféré. La prédilection de Napoléon pour le chambertin date probablement de l’époque où, jeune officier d’artillerie, il séjourna quelque temps en Côte-d’Or. En 1798, il affectionnait déjà tellement ce vin qu’il ne lui était infidèle, parfois, que pour une coupe de champagne. Bourienne raconte qu’avant son départ pour l’Égypte, il avait fait une bonne provision de vins de Bourgogne ; et plusieurs de ses caisses ont traversé deux fois le désert et le reste des vins ramenés à Fréjus avaient le même goût qu’au départ. Plus tard, c’est la maison Soupé et Pierrugues qui livrait régulièrement à Napoléon son chambertin. Napoléon se faisait livrer habituellement un chambertin de 5 à 6 ans d’âge et en buvait une demi-bouteille à chaque repas.

Dans les décennies 1830-1840, la pyrale survint et attaqua les feuilles de la vigne. Elle fut suivie d’une maladie cryptogamique, l’oïdium. Le millésime 1865 a donné des vins aux teneurs naturelles en sucres très élevées et des vendanges assez précoces.

À la fin du xixe siècle arrivèrent deux nouveaux fléaux de la vigne. Le premier fut le mildiou, autre maladie cryptogamique, le second le phylloxéra. Cet insecte térébrant venu d’Amérique mit très fortement à mal le vignoble. Après de longues recherches, on finit par découvrir que seul le greffage permettrait à la vigne de pousser en présence du phylloxéra.

XXe siècle
Le mildiou provoque un désastre considérable en 1910. Henri Gouges avait rejoint au niveau national le combat mené par le sénateur Joseph Capus et le baron Pierre Le Roy de Boiseaumarié qui allait aboutir à la création des appellations d’origine contrôlée. Il devint le bras droit du baron à l’INAO. Ainsi c’est en 1936 que l’appellation décrocha son AOC, et 1937 pour ses grands crus. Apparition de l’enjambeur dans les années 1960-1970, qui remplace le cheval. Les techniques en viticulture et œnologie ont continué à évoluer par la suite: vendange en vert, table de triage, cuve en inox, pressoir électrique puis pneumatique….

XXIe siècle
En 2003, du fait d’une canicule particulièrement intense, les vendanges débutèrent pour certains domaines à la mi-août, soit un mois d’avance sur les dates habituelles. Une telle précocité pour les vendanges ne s’était pas vue depuis 1422 et 1865, d’après les archives.

Les produits phare de l'appellation

Les exploitants de l'appellation